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mardi 13 novembre 2012

Diabète de type 2

Généralités

Le diabète est un désordre métabolique d’origines diverses dont le pronostic est grave avec des risques cardio-vasculaires et de l’existence de micro-angiopathies (affections des petits vaisseaux sanguins) spécifiques (rétine, reins).
Sont considérés comme diabétiques les sujets ayant une glycémie à jeun supérieure à 1.26g/l (ou 7mmol/l).
Il existe différents types de diabètes ayant des thérapeutiques adaptées. On distingue classiquement :
- le diabète insulinodépendant ou type 1 lié à une carence de sécrétion d’insuline par les cellules du pancréas. C’est une affection génétique survenant surtout chez le sujet jeune. Le traitement par insuline est la seule possibilité thérapeutique.
- le diabète non insulinodépendant ou type 2 survenant préférentiellement chez le sujet obèse (diminution des récepteurs insuliniques). Chez le sujet normo-pondéral, il s’agit d’une faible réponse à l’insuline. Le traitement fait appel essentiellement au régime et aux substances stimulant la sécrétion insulinique.

Traitements du diabète de type 2

Les biguanides (Metformine -> Glucophage® – Stagid®) : réduisent la glycémie basale et post-prandiale mais n’entrainent pas d’hypoglycémie. Ils réduisent également le cholestérol et les triglycérides. On peut les utiliser en association.
Les sulfamides hypoglycémiants (Glipizide -> Glibénèse®, Glimépiride -> Amarel®, Gliclazide -> Diamicron®, Glibenclamide -> Daonil®) stimulent l’insulino-sécrétion et peuvent être utilisés en bithérapie. Les glinides (répaglinide -> Novonorm) sont des sulfamides hypoglycémiants d’action rapide à prendre uniquement au début d’un repas.
Les glitazones (Pioglitazone -> Actos®, Competact®) augmentent l’utilisation du glucose par le muscle et réduisent la production hépatique de glucose.
Les inhibiteurs des alphaglucosidases (acarbose -> Glucor®, Miglitol -> Diastabol®) diminuent l’absorption intestinale des glucides pour diminuer la glycémie post-prandiale.
Les incrétinomimétiques (Sitagliptine -> Januvia®-Xelevia®, Vildagliptine -> Galvus®-Eucreas®, Saxagliptine -> Onglyza®, Exénatide -> Byetta®, Liraglutide -> Victoza®). Les incrétines (GLP-1) sont des hormones sécrétées par le tube digestif et qui augmentent la sécrétion d’insuline après les repas. Elles sont détruites par une enzyme la DPP4.
Les Gliptines inhibent la DDP4, Byetta et Victoza sont des analogues du GLP-1.
L’insuline est nécessaire uniquement en cas d’échec de la bi- ou trithérapie orale.

En résumé

  • Biguanide :
    • DCI : Metformine.
    • Indication : première intention.
    • Effets secondaires : troubles digestifs.
    • Contre-indications : grossesse, insuffisance rénale et hépatique.
    • Intéractions : risque d’acidose lactique majoré par les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens), les anti-hypertenseurs (IEC et sartans), produits de contraste iodés.
  • Sulfamides hypoglycémiants :
    • DCI : Glibenclamide, Gliclazide, Glimépiride, Glipizide,…
    • Indication : patients non obèses et hyperglycémie importante.
    • Effets secondaires : hypoglycémies (surtout en fin d’après-midi), allergies.
    • Contre-indications : grossesse, insuffisance rénale.
    • Intéractions : effet hypoglycémiant majoré par les anti-hypertenseurs (IEC), anti-vitamines K…
  • Glinide :
    • DCI : Répaglinide.
    • Indication : en association à la Metformine.
    • Effets secondaires : hypoglycémies.
    • Contre-indications : grossesse.
    • Intéractions : effet hypoglycémiant augmenté avec Gemfibrozil, Clarithromycine, Kétoconazole.
  • Glitazone :
    • DCI : Pioglitazone.
    • Indication : en association à la Metformine ou seul en cas d’intolérance à la Metformine.
    • Effets secondaires : oedème, prise de poids, insuffisance cardiaque.
    • Contre-indications : insuffisance cardiaque.
    • Intéractions : effet hypoglycémiant augmenté avec Clarithromycine, Kétoconazole.
  • Inhibiteurs des alphaglucosidases :
    • DCI : Acarbose, Miglitol.
    • Indication : patient non obèses et hyperglycémies post-prandiales.
    • Effets secondaires : ballonnements, inconfort intestinal.
    • Contre-indications : maladies chroniques de l’intestin.
    • Intéractions : les laxatifs baissent l’effet hypoglycémiant.
  • Analogues du GLP-1 :
    • DCI : Exénatide, Liraglutine.
    • Indication : en association à la Metformine et/ou un sulfamide hypoglycémiant.
    • Effets secondaires : troubles gastro-intestinaux et ralentissement de la vidange gastrique.
    • Contre-indications : —-
    • Intéractions : diminuent le taux d’absorption des médicaments administrés par voie orale.
  • Inhibiteurs de la DPP4 :
    • DCI : Sitagliptine, Vildagliptine, Saxagliptine.
    • Indication : en association à la Metformine et une Glitazone ou un sulfamide hypoglycémiant.
    • Effets secondaires : troubles digestifs, infections des voies respiratoires supérieure.

vendredi 15 juin 2012

DAONIL 5 mg Comprimé sécable Boîte de 20


DAONIL : ses indications


Diabète non insulino-dépendant, en association au régime adapté, lorsque ce régime n'est pas suffisant pour rétablir à lui seul l'équilibre glycémique.

DAONIL : pathologies pour lesquelles il peut-être prescrit

• Diabète non insulinodépendant
Classe thérapeutique Métabolisme et nutrition
Principes actifs Glibenclamide
Excipients Lactose, Amidon de maïs, Amidon de maïs, Talc (E553b), Silice (E551), Magnésium stéarate (E572)
Statut Médicament soumis à prescription médicale
Prix de vente TTC 2,64 €
Tx de remboursement SS 65 %
Laboratoire Sanofi-Aventis France
Présentation Précautions Grossesse et allaitement Effets indésirables
DAONIL : sa posologie


RESERVE A L'ADULTE.

Comme pour tout agent hypoglycémiant, les posologies doivent être adaptées à chaque cas particulier.

En cas de déséquilibre glycémique transitoire, une courte période d'administration du produit peut être suffisante, chez un patient habituellement bien équilibré par le régime.

Sujet de moins de 65 ans

Dose initiale

La dose initiale recommandée est de ½ comprimé par jour, administrée avant le petit déjeuner.


Paliers

Les ajustements de posologie se font habituellement par paliers de ½ comprimé en fonction de la réponse glycémique en répartissant les doses avant les 2 ou 3 principaux repas. Plusieurs jours au moins doivent séparer chaque palier de dose.


Traitement d'entretien

La posologie maximale est de 3 comprimés par jour, à répartir en 2 ou 3 prises avant les principaux repas.

Sujets à risques

Sujet âgé de plus de 65 ans
·         Ne pas initier le traitement avec un comprimé de DAONIL. Débuter par un ½ comprimé d'HEMI-DAONIL 2,5 mg ou 1 comprimé de DAONIL faible 1,25 mg une fois par jour.
·         Cette dose pourra être progressivement augmentée jusqu'à équilibre glycémique satisfaisant du patient, en respectant des paliers de 7 jours minimum et sous surveillance glycémique étroite.


Chez les autres patients à risque
·         Chez le patient dénutri ou présentant une altération marquée de l'état général, ou dont la ration calorique est irrégulière et chez les patients présentant une insuffisance rénale ou hépatique, le traitement doit être instauré à la dose la plus faible et les paliers posologiques doivent être scrupuleusement respectés, de façon à éviter les réactions hypoglycémiques (voir rubrique  Mises en garde et précautions d'emploi).

Chez les patients recevant d'autres hypoglycémiants oraux
·         Comme pour tout sulfamide hypoglycémiant, ce médicament peut prendre le relais d'un traitement antidiabétique sans période de transition. Lors du passage d'un sulfamide hypoglycémiant à demi-vie plus longue (comme le chlorpropamide) à ce médicament, les patients seront attentivement suivis (pendant plusieurs semaines) afin d'éviter la survenue d'une hypoglycémie, en raison de la possibilité de chevauchement des effets thérapeutiques.

DAONIL : son aspect et forme

Comprimé sécable oblong blanc.

DAONIL : comment ça marche


Classe pharmacothérapeutique : SULFAMIDE HYPOGLYCEMIANT-ANTIDIABETIQUE ORAL

Code ATC : A10BB01
(Voie digestives et métabolisme)

Le glibenclamide, sulfonylurée de seconde génération à demi-vie courte, semble diminuer la glycémie de façon aigue par stimulation de la libération d'insuline par le pancréas, cet effet étant dépendant de la présence de cellules bêta actives dans les ilots pancréatiques.

La stimulation de la sécrétion d'insuline par le glibenclamide en réponse à un repas est d'une importance majeur. L'administration de glibenclamide chez le diabétiquz provoque une majoration de la réponse insulinotrope postprandiale. Les réponses postprandiales de sécrétion d'insuline et de peptide-C continuent à être majorées après au moins 6 mois de traitement.


Le diabète sucré en Tunisie


Les femmes sont plus touchées par le diabète : 14,8% contre 9,7 d’hommes parmi la population enquêtée.
Problème de santé publique, le diabète fait l’objet depuis quelque temps de plusieurs études épidémiologiques. Les spécialistes sont unanimes, en fait, à considérer que la prévalence de la maladie augmente avec l’âge.
Le Dr Saïd Hajem, gériatre, apporte son éclairage sur l’état des lieux et élucide les facteurs de risque de l’affection en question.

On n’en finit pas de le rappeler : le diabète gagne du terrain en Tunisie. Selon une étude entreprise par l’Institut national de nutrition de Tunis en 2001, le nombre de diabétiques a grimpé de 4,16% en 1976 à 14,7 dans le seul gouvernorat de l’Ariana.
L’amélioration des conditions de vie du Tunisien semble être paradoxalement l’un des facteurs à l’origine de cette croissance.
La médaille a, en effet, un sacré revers : l’augmentation de l’espérance de vie en Tunisie qui atteint actuellement 73 ans et la modification du mode de vie ont laissé transparaître sédentarité et perte des habitudes alimentaires d’antan. Le Dr. Taïeb Doghri est, à cet effet, catégorique : “Aujourd’hui, nous sommes en proie aux maladies de l’excès de nutrition et non celles de la pénurie d’alimentation”.
Le Dr Saïd Hajem qui exerce à la Rabta énumère d’autres facteurs de risque en montrant que les maladies dites du siècle sont liées entre elles d’une relation de cause à effet.

Facteurs de risque
“Dans 80% des cas, l’hyperglycémie chez les personnes âgées est attribuée aux facteurs environnementaux et comportementaux tels que l’obésité et la sédentarité” note le Dr Hajem. Et notre spécialiste d’ajouter: “Ceci pourrait expliquer la différence fortement significative que nous avons mise en évidence entre la prévalence du diabète en milieu urbain et celle observée en milieu rural: 13,8% versus 8,4%”.
Notre spécialiste gériatre explique aussi que chez les sujets âgés, “l'augmentation de la prévalence du diabète avec l’âge peut aussi être aggravée par la prise de médicaments connus pour avoir un effet diabétogène tels que les corticoïdes ou les diurétiques”. Cela explique le fait que les hypertendus sont aussi diabétiques, “40,1% des sujets hypertendus sont mis sous diurétiques”, signale-t-il. Les sujets qui présentent une hyperlipidémie sont aussi sept fois plus souvent diabétiques que le reste de la population.
Selon la même étude déjà citée, parmi les 981 individus âgés de 65 ans et plus, 116 soit 11,8% sont déclarés diabétiques. Toujours selon la même enquête entreprise par l’Institut de nutrition, un diabétique sur 3 est méconnu. Ceci dit la prévalence réelle du diabète des personnes âgées serait de 17,7%. Autre donnée significative : les femmes sont plus touchées par le diabète: 14,8% contre 9,7% d’hommes parmi la population enquêtée.

Des sulfamides adaptés aux personnes âgées
Côté traitement, le Dr Saïd Hajem rappelle que 85,1% des diabétiques sont mis sous anti-diabétiques oraux (sulfamides et glibenclamide).
Le spécialiste est en faveur des sulfamides adaptés aux personnes âgées qui existent aujourd’hui en Tunisie. “Ce type de sulfamides est beaucoup plus adapté au sujet âgé notamment en ce qui concerne le risque important d’hypoglycémie souvent sévère”, dit-il.
Les diabétiques sous insuline sont au taux de 14,9%, chiffre estimé faible par le spécialiste qui est pour ce type de traitement pour la population âgée. Il conclut en expliquant que “bien qu’elle soit parfois problématique du fait des contraintes des injections, du changement des habitudes alimentaires, des limites à la vie sociale et du risque d’hypoglycémie, l’insulinothérapie présente des avantages indéniables chez le sujet âgé”.
N’empêche qu’une bonne hygiène de vie et le retour au régime méditerranéen, comme le recommande le Pr Taïeb Doghri, serait d’un grand secours pour toute la population (toutes catégories d’âges confondues).
L’alimentation d'antan est connue pour ses nombreuses vertus dont celle de prémunir d’une certaine façon contre les effets pervers de certaines maladies comme l’hypoglycémie ou le diabète.

Mona BEN GAMRA

En bref
Le diabète sucré ou le diabète tout court est un trouble du métabolisme des glucides, dû à une insuffisance de la sécrétion d’insuline par le pancréas et caractérisé par une hyperglycémie et la présence de sucre dans les urines (glycosurie).
Le diabète sucré est une affection souvent familiale, qui peut se manifester dès l’enfance. Il est dominé par un trouble du métabolisme des glucides. La surveillance du diabétique fait appel en plus du dosage du sucre sanguin (glycémie) et de sa recherche dans les urines (glycosurie), au dosage de l’hémoglobine glycosylée. Le régime alimentaire et les médicaments (insuline, hypo-glycémiants de synthèse) permettent aux diabétiques d’éviter les complications nerveuses et vasculaires auxquelles ils pourraient être exposés.

20 mille nouvelles atteintes de diabète à différents âges.


A l’occasion de la célébration de la Journée internationale du diabète,  les estimations concernant cette maladie ont révélé la possibilité de recensement de 20 mille nouvelles atteintes de diabète à différents âges.
Les indicatifs actuels montrent que le pourcentage  des jeunes (20 ans et plus) atteints de diabète est de 17% et que 230 mille personnes diabétiques visitent les centres de santé chaque année.

Attention au diabète, à l’hypertension et au surpoids!



• 23% des décès pour problèmes cardiovasculaires
D’éminents cardiologues venant de France, d’Allemagne, d’Italie, d’Autriche, de Belgique et de Tunisie ont pris part aux travaux de la 8e session des Journées tuniso-européennes de cardiologie pratique qui se sont déroulées à Sousse les 9, 10 et 11 juin.
Plusieurs conférences-débats ont traité de plusieurs thèmes d’actualité, à savoir les maladies coronaires, l’infarctus du myocarde, la cardiologie interventionnelle…
Contacté, le professeur Abdallah Mahdhaoui — enseignant de cardiologie à la faculté de Médecine de Sousse et président du comité d’organisation de ces journées — nous a indiqué qu’«en Tunisie, la maladie coronaire représente une véritable épidémie. Elle est la première cause de mortalité dans notre pays. En effet, a-t-il poursuivi, 23% des Tunisiens meurent d’un problème cardiovasculaire. Cela est lié à la fréquence des facteurs de risque cardiovasculaire, à savoir qu’un Tunisien sur quatre, âgé de plus de plus de 35 ans est hypertendu et que 9% de la population est diabétique et que 4% de la population adulte présente un surpoids. Ce qui favorise l’occlusion et la sténose des artères coronaires, causant l’infarctus du myocarde et pouvant entraîner la mort des patients.»

Les nouveaux anti-agrégants plaquettaires dans les maladies coronariennes

Le professeur Paul Barragan — cardiologue et chercheur en biomécanique cardiaque à Toulon (France) — a indiqué au cours de son intervention portant sur «Les nouveaux anti-agrégants plaquettaires dans les maladies coronariennes» qu’aujourd’hui le traitement non invasif de la maladie coronarienne (angine de poitrine, infarctus) se fait par la mise en place d’endoprothèses coronaires ou «stents» dans plus de 90% des cas.
Jadis, pour éviter la survenue d’un caillot au niveau du «stent», les cardiologues utilisaient l’association de deux anti-agrégants plaquettaires, à savoir l’aspirine et la ticlopédine (molécule chimique de synthèse).
Si l’aspirine reste incontournable, la ticlopédine est une molécule qui va bloquer les récepteurs dits «P2 Y12» de la plaquette sanguine.
Celle-ci est remplacée actuellement par de nouvelles molécules de synthèse, à savoir : le clopidogrel, le plasugrel et le ticagrelor.
Le clopidogrel, a-t-il poursuivi, est utilisé très largemente chez les malades ayant un infarctus du myocarde ou une angine de poitrine (angor-pectoris) parce qu’il est moins toxique que la ticlopidine pour les lignées sanguines (globules blancs et plaquettes).
Le plasugrel semble être plus puissant et particulièrement adapté en cas d’infarctus  du myocarde aigu.
Cependant, le ticagrelor a montré sa supériorité récente (étude Platoo, 2009) par rapport au clopidogrel.
«Les cardiologues sont donc confrontés à la possibilité d’utiliser plusieurs traitements différents pour encadrer la pose des «stents» coronariens. On espère que le choix des médicaments à base des molécules chimiques de synthèse précitées sera fondé sur des considérations économiques en raison de la cherté de ces nouvelles molécules», a-t-il conclu.

Complications hémorragiques et impact clinique

Au cours de son intervention portant sur «les complications hémorragiques et impact clinique», le professeur Faouzi Added — enseignant de cardiologie au CHU Abderrahman — Mami à l’Ariana — a insisté sur l’intérêt d’évaluer le risque de saignement en utilisant les nouvelles molécules de synthèse (ticlopidine, clopidogrel…) pour traiter l’angine de poitrine et l’infarctus. «Un travail de recherche réalisé dans notre service a permis de mettre en évidence un risque de saignement grave dans 3,9% des patients.»
Il a précisé qu’il opte pour une stratégie individualisée du traitement anti-agrégant plaquettaire au lieu d’un traitement standardisé  pour tous les patients.
«Le challenge futur du cardiologue sera d’intégrer le risque de thrombose et de saignement afin d’établir un traitement à la carte», a-t-il conclu.

Angioplastie primaire au cours de l’infarctus du myocarde

Le professeur Dhaker Lahidheb — enseignant à la faculté de Médecine de Tunis et chef de l’unité de cardiologie interventionnelle à l’Hôpital militaire de Tunis — a défini l’angioplastie primaire connue une procédure pour déboucher une artère coronaire occluse suite à un infarctus du myocarde. Elle se fait par catéthérisme cardiaque pour accéder aux artères du cœur par l’artère fémorale ou préférentiellement l’artère radiale au niveau du poignet.
Les catéthères aspirent le caillot sanguin responsable de l’obstruction de l’artère coronaire. On injecte aussi des médicaments anti-agrégants plaquettaires dans les artères coronaires avec la mise en place d’une endoprothèse, «stent».
Le rôle de cette endoprothèse est de maintenir l’artère coronaire ouverte pour garder un flux sanguin normal.
Parmi les causes des thromboses des artères coronaires du cœur, il y a lieu de citer : le tabac, le diabète mal équilibré, l’obésité et la sédentarité.
«Le malade atteint d’une douleur à la poitrine (angine de poitrine) doit consulter rapidement son médecin traitant ou appeler le Samu (190) pour un transfert rapide à un centre de cardiologie interventionnelle», conclut-il.

Le diabète en Tunisie: Les chiffres de la peur



Désormais, le diabète est devenu un véritable fléau qui ronge la santé des adultes tunisiens mais aussi des jeunes. Les spécialistes sont unanimes quant à l’aspect alarmant des chiffres récents qui font état d’un avancée sensible dans nos murs de cette terrible maladie.

La célébration hier de la Journée mondiale du diabète a révélé un bilan très alarmant de la prévalence de cette maladie chronique dans nos murs. En effet, le diabète est désormais en passe de devenir un véritable fléau. Selon une étude multicentrique de dépistage du diabète de type 2 chez les patients à risque, entamée en 2003 avec l’objectif d’atteindre 10000 personnes dépistées, 5321 Tunisiens qui ne se savaient pas diabétiques, ont été examinés. Sur la totalité de ces personnes âgées entre 35 et 98 ans, la moitié présentait plus d’un facteur de risque. Quant à la prévalence de la pathologie, elle est de l’ordre de 35,1%. Ce qui est énorme et atteste d’ailleurs du classement de la Tunisie parmi les pays à plus haute prévalence.

Lors de la conférence de presse organisée par le laboratoire pharmaceutique Sanofi-Aventis à la veille de la Journée mondiale du diabète, les différents spécialistes ayant pris part à la manifestation ont affiché leur inquiétude quant à l’expansion de la maladie. Ces chiffres tout récents, annoncés par le Dr Chokri Jeribi,  directeur médical du laboratoire, sont très alarmants. Et le Dr Néjib Ben Abdallah, président de la Société Tunisienne d’Endocrinologie, le Dr Ahmed Ghattas,  président de l’Association Tunisienne des Diabétiques et le Dr Habiba Ben Romdhane de l’Institut de Santé Publique, de tirer la sonnette d’alarme et de souligner la gravité de cet état des lieux qui représente une véritable urgence de santé publique.

Il va sans dire que la prévalence de cette maladie chronique est en train de gagner du terrain à une vitesse vertigineuse. Ce rythme est aussi valable pour le diabète des adultes que pour celui des jeunes. Le thème de la Journée mondiale 2007, le diabète de l’enfant et l’adolescent, tombe ainsi à point nommé pour mettre en exergue une situation inquiétante en Tunisie. Certes, il importe de dissocier entre le diabète de l’enfant de type 1 qui est génétique et héréditaire et le diabète de type 2 qui touche les ados et les jeunes. Mais, dans les deux cas de figure, les chiffres ne sont en aucun cas rassurants. Les spécialistes présents à la conférence de presse ont affirmé qu’environ 10% des diabétiques sont de jeunes gens. Pour ce qui est du type1, le facteur héréditaire est tout de suite mis à l’index alors que le type2 est synonyme d’un comportement défaillant qui remet en question le mode de vie actuel. Il est plus qu’évident que les ados et les jeunes bougent peu et préfèrent se cloîtrer devant le petit écran, les jeux vidéo ou l’ordinateur en se goinfrant à longueur de temps. Cette sédentarité doublée d’une alimentation non hygiénique est le mal par excellence !

Ce qui est encore plus grave, c’est que la prévalence du diabète est calquée sur celle de l’obésité. Cette dernière étant un problème de santé de plus en plus fréquent chez les enfants, elle explique entre autres causes, l’augmentation du nombre de jeunes diabétiques. « On parle désormais de « diabésité », a précisé le Dr Ben Abdallah. Ce duo dramatique pour la santé, est également une conséquence des conflits familiaux. Il s’est avéré que nombreux sont les enfants issus de couples divorcés qui deviennent obèses et diabétiques. Cette transition épidémiologique qui caractérise la Tunisie, n’est pas sans attirer l’attention du corps médical qui s’évertue à promouvoir l’hygiène de vie et les réflexes de prévention.

Selon le Dr Ben Romdhane, la maladie du diabète, ou la maladie cardiovasculaire d’après la plupart des spécialistes, coûte cher à la santé publique et à la communauté nationale. « Qui n’a pas de diabétique dans sa famille ?», s’est-elle interrogée. Presque personne puisque la pathologie touche petits et grands. Et de citer une enquête réalisée en 2006 auprès de 8000 personnes âgées de 35 ans qui a révélé que 10% de la population générale est diabétique. « C’est énorme », a-t-elle ajouté.

A ce propos, la spécialiste a souligné les grandes disparités constatées entre les régions. Ainsi, les districts de Tunis et du Centre-Est enregistrent 12 à 13% de ces diabétiques contre 5% dans le district du Nord-Ouest et  du Centre-Ouest. A cet effet, le Dr Ben Romdhane a insisté sur le défi de la réduction de l’impact du diabète. Pour  réaliser cet objectif, elle a mis l’accent sur l’importance d’une activité physique régulière, ne serait ce qu’une marche quotidienne, ainsi qu’une alimentation privilégiant les fruits et les légumes.

Décidément, le diabète qui ronge la santé dans le silence, n’est pas en passe de perdre du terrain dans nos murs à défaut d’un effort national conséquent. Il s’agit d’une véritable cause qui doit mobiliser le secteur public et privé afin de prévenir la population. Jeunes et moins jeunes sont de plus en plus concernés par cette maladie chronique dont la prévalence est accélérée par le rythme de vie actuel qui se résume au trio du mal, le stress, la sédentarité et la malbouffe.


Santé. Explosion du diabète en Tunisie



Le diabète gagne de plus en plus de terrain en Tunisie. Les mutations économiques et le vieillissement de la population ont fait exploser le nombre des Tunisiens atteints par cette pathologie. Des médecins tirent la sonnette d’alarme…

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre de personnes diabétiques dans le monde devrait exploser d’ici 2030 pour atteindre plus de 370 millions, soit une augmentation de 110% par rapport au nombre de patients recensés en 2000. Les prévisions de l’OMS montrent aussi que les pays en développement devraient compter, à la même date, près de 284 millions de diabétiques.

Cette explosion est due, en fait, aux changements profonds des modes de vie dans le monde entier, qui réduisent de plus en plus l’activité physique des individus et donnent place à des habitudes nutritionnelles favorisant l’émergence et le développement de certaines pathologies.

10% des Tunisiens sont atteints

La Tunisie n’est pas épargnée par le fléau, le diabète y touche déjà un nombre de plus en plus croissant d’habitants et contribue, en plus, à l’explosion d’autres pathologies: cardio-vasculaires, rétinopathies et insuffisance rénale.

D’après une étude de Dr. Nadia Ouamara, directeur médical Novo Nordisk Tunisie, 10% des Tunisiens (touts âges confondus), soit plus que 1,2 millions, sont atteints par la maladie en 2009.

Ce chiffre, dévoilé mercredi soir à Tunis à l’occasion de la cérémonie de remise des Prix Novo Nordisk 2010, reflète une prévalence du diabète supérieure à celle dans d’autres pays arabes (le Maroc: 8,1% ; l’Egypte: 9,3%).

Les pays développés sont aujourd’hui loin au dessous de cette moyenne: 8,7% aux USA, 6,1% en Espagne, 4,5% en Turquie, 2,6% en France etc.

L’étude constate par ailleurs le développement des facteurs favorisant l’expansion de la maladie chez nous. L’alimentation est de plus en plus riche en sucre et graisse, ce qui conduit souvent à une prise de poids jusqu’à l’obésité et un accroissement du risque de diabète.

En plus des charges sanitaires et même sociales, les diabétiques représentent une charge de morbidité considérable. Les études et les recherches effectuées en Tunisie révèlent que plusieurs maladies telles que les «cardiopathies ischémiques», l’«accident vasculaire cérébral» et l’«artérite des membres inférieurs» se développent encore plus chez les diabétiques et manifestent plus de risques comme le cas de l’«Infarctus du myocarde» qui cause le décès de 30% des diabétiques en Tunisie.

Les statistiques du ministère de la Santé publique faisant état de la gravité de cette maladie dénombrent d’autres pathologies liées au diabète, comme la rétinopathie diabétique causant la perte de vue de 12% des adultes diabétiques. Le diabète est aussi à l’origine de l’amputation du membre inférieur chez 10% des diabétiques atteints au niveau de ce membre.

Selon les données d’une enquête nationale, citées par l’étude de Dr. Ouamara, la prévalence globale de l’obésité en Tunisie est supérieure à 10% de la population. Le grand Tunis, le Nord Est, le Centre Est et le Sud Ouest sont les régions tunisiennes où le phénomène est le plus répandu (15% de la population).

Les révélations alarmantes de DiabCare

Le projet DiabCare, soutenu par l’OMS et les professionnels européens du secteur de la recherche médicale, est un vaste programme d’amélioration des soins et une nouvelle approche stratégique du traitement du diabète. C’est un instrument de contrôle et d’évaluation visant l’amélioration continuelle des soins aux diabétiques. La Tunisie est parmi 9 pays africains inclus dans ce projet. 605 patients ont été traités dans 5 centres de soin.

L’étude a révélé que 27,6% des diabétiques tunisiens n’ont jamais été scolarisés (0 année d’éducation), 40% entre 1 et 2 années d’éducation, 19,8 % entre 3 et 4 années et 3,8% ont bénéficié de plus de 5 ans d’éducation.

Autres conclusions de DiabCare: les patients sont massivement non contrôlés et 61% des patients n’ont pas eu un examen des pieds durant les 12 derniers mois.

L’étude précise aussi que la qualité des soins du diabète est «non optimale», d’où l’urgence d’y investir davantage. Il y a aussi décalage entre les recommandations et la prise en charge du diabète de type 2 (DT2) en Tunisie en termes de suivi, même lorsque l’infrastructure médicale est en place et les options thérapeutiques sont disponibles et abordables. DiabCare a appelé à responsabiliser les patients à gérer leur maladie et à inciter à une alimentation saine.